Les Rêves d'Orphan - Episode XIV
L'épisode précédent
Un bruit de pas résonna soudain dans le couloir. Orphan ferma les yeux et écouta l’écho qui se propageait dans le bâtiment.
« 100 mètres derrière moi, légèrement à droite. Adulte. Bruits de pas irréguliers, bottines usées. Loelle, la gardienne »
Il fit le tour du pilier pour se trouver masqué lors de l’arrivée de Loelle. Il la vit s’approcher, se recroquevilla derrière son abri. Etrangement, il se surprit à se demander pourquoi il se cachait. Il avait parfaitement le droit d’être là. L’accès au couloir était courant même. Pourquoi ce besoin alors ?
Son fameux instinct ? Pouvait-il encore s’y fier après la débâcle lors de la recherche du nom du Compagnon ? Par habitude, Orphan le suivait. Père l’avait tellement seriné à ce sujet, il avait appris que son instinct était son meilleur atout, son plus fidèle allié, qu’il devait toujours l’écouter. Mais pourquoi là maintenant ? Qu’avait-il à redouter ou à espérer en restant caché ?
Loelle passa lentement, se dirigea doucement vers la porte, l’inspecta minutieusement et tempêta « Pourquoi a-t-elle désobéi ? Cette gamine je vous jure » avant de reprendre sa route.
Orphan attendit son départ patiemment puis discrètement il repassa dans sa chambre pour se changer et regagna par la suite le réfectoire.
Le repas fut agité, il faut dire que les élèves avaient de quoi discuter : les Compagnons, les cours du professeur Oneyr. Orphan ne dit pas grand-chose lui. Bien sûr, il avait ces sujets de préoccupation en tête mais il repensait surtout à Léna. Il avait bien vu son arrivée en retard, ce qui n’était pas son genre pour le repas du soir. Il avait remarqué aussi son attitude : discrète, réservée. Il avait remarqué plus que cela encore. La coutume qui était plus une habitude qu’une règle voulait qu’on se change pour le dîner. En général, les garçons revêtaient une chemise blanche et un pantalon noir, les filles, elles, s’habillaient simplement d’une robe noire. Lena elle ne s’était pas changée ce soir. Alors qu’elle suivait cette coutume plus que les autres en principe. Elle aimait briller, le chic, l’élégance. Rater une apparition publique comme ça ne lui ressemblait pas.
Jave pérorait sur les capacités de son compagnon. « La nature est au centre de tout, la vie. Je me suis documenté … » Orphan ne l’écoutait que d’une oreille distraite, hochant la tête de temps en temps, il fixait Léna. Comme lui, elle était songeuse, distraite.
A la fin du repas, alors que tout le monde se levait, Orphan s’approcha de Léna, il devait lui parler. Elle se leva à son tour, regarda fixement l’entrée de la salle. Orphan détourna les yeux une seconde pour voir ce qui l’intéressait comme ça. Il ne vit rien. Quand il ramena les yeux sur Léna, elle n’était plus là, disparue, il fouilla des yeux le reste de la salle et n’aperçut personne.
Orphan s’interrogea. Avait-elle vue quelque chose qui l’avait fait fuir ? ou avait elle fuit Orphan parce qu’elle savait qu’il savait quelque chose ? Ou alors simplement une coïncidence ?
Durant le reste de la soirée, Léna ne reparut pas. Orphan attendit le plus tard qu’il put en discutant avec Naelle et Yorin mais l’extinction des feux survint avant son retour. Yannis et Loelle n’en firent pas une histoire, le couvre feu comme beaucoup de choses à l’Ecole, n’était qu’une tradition pas une obligation. Enfin, dans ce cas, le couvre-feu était strict en ce qui concernait les mouvements la nuit : on pouvait se coucher tard, et circuler plutôt tardivement dans l’Ecole. Du moment qu’on avait les résultats le permettant, qu’on était tout de même raisonnable et surtout du moment qu’on ne se relevait pas. Orphan avait eu du mal à assimiler ça. Les élèves pouvaient se coucher tard et dépasser le couvre-feu, en revanche toute entrée dans sa chambre après le couvre-feu était définitive, aucune sortie possible, pas de retours. Orphan donc avait eu du mal à assimiler cette règle. Pas comme on pourrait le penser parce qu’il se relevait souvent, mais au contraire parce que le concept lui était étranger. Une fois couché, on dormait jusqu’au matin. Il n’avait jamais eu le droit de se relever avec Père ou même avec Mère et n’avait même jamais eu le besoin ou l’envie de le faire.
A son réveil, Léna était dans le réfectoire pour le petit déjeuner avec Yorin et Naelle. Les 4 apprentis Rêveurs prirent leur repas en silence. La veille en attendant Léna, les 3 autres s’étaient repartis les tâches pour la recherche de leur Compagnon. Chacun connaissait son rôle. Yorin et Naelle avaient déjà expliqué le tout à Lena. D’ailleurs celle-ci se concentrait sur la mission dont elle était la clé.
Sa mémoire quasi-absolue allait profiter au groupe. Naelle lui avait glissé des feuilles de papier entre les mains et Léna s’était attaqué immédiatement à retracer des représentations de leur Compagnon. Ainsi, ils pourraient se répartir dans la salle sans avoir à effectuer des allers-retours autour de leur compagnon pour vérifier si la gravure était son exacte réplique.
Pendant qu’elle traçait le portrait de leur compagnon. Léna repassait mentalement les gravures qu’elle avait aperçues durant leur dernier cours afin d’éliminer des visites le maximum de portions de la salle.
18/07/08 - 10:45
ça devient très mystérieux... j'adore !
tazdevile